Missy Elliot
La « reine du hip hop » revient après près de trois ans d’absence. Toujours aussi rentre-dedans, elle n’a pas encore mis sa langue dans sa poche et continue à faire du rap énergique même si c’est une femme. Toute sa vie, la rappeuse a dû se battre contre les hommes et les a priori. Mais son succès lui a finalement donné raison. Retour sur un parcours exemplaire.
Melissa Arnette Elliott est née en 1971 à Portsmouth en Virginie. Surnommée aussi « Misdemeanor », Missy est une enfant unique qui vit toute sa jeunesse dans un climat de violence. Son père battant sa mère, elle restait souvent enfermée dans sa chambre à chanter et à danser devant un auditoire composé… de poupées et de peluches ! Adolescente, elle est élevée par sa mère et envoie des lettres à ses idoles Michael Jackson et Diana Ross pour qu’ils l’aident à s’échapper de son école. Décidée à percer dans la musique, elle forme avec trois amies le groupe de R&B Sista. En 1991, elle réussit à décrocher une audition pour son groupe et convainc le label Elektra Records de la signer. Pourtant, aucun album ne voit le jour. Elle ne correspond soi-disant pas à l’image très sexy des filles du milieu hip hop. Mais Missy n’est pas du genre à baisser les bras et finit par décrocher un contrat intéressant. Elle participe alors avec Tim Mosley, alias Timbaland, à l’écriture de l’album de Jodeci, Diary of a Mad Man. Le duo est de plus en plus reconnu pour ses talents d’écriture et signe des titres pour Aaliyah, Ginuwine, SWV et Gina Thompson. En 1997, Missy Elliott entre en studio avec Timbaland et compose l’album Supa Dupa Fly sur lequel apparaissent Lil’ Kim, Da Brat et Busta Rhymes. L’album arrive directement numéro 3 du Billboard américain. En seulement cinq ans, elle devient à la fois auteur-compositeur, rappeuse et productrice ! La jeune femme connaît un gros succès et essaie toujours de surprendre, avec ses armes musicales.
Fanomenal, un hommage à son public
Missy est une battante mais aussi une grande activiste féministe. Dès ses premiers textes, elle dénonce les dérives perpétuelles du milieu de la chanson envers les femmes. En 1999, avec Da real World , Missy est enfin reconnue pour son talent. Suivront Missy E… So Addictive, Under Construction, This Is Not A Test et The Cook Book. Son succès est tel qu’elle écrit, compose et collabore pour d’autres artistes comme Mel B (des Spice Girls), Whitney Houston, Janet Jackson, Destiny’s Child, Mariah Carey, Lil’ Kim, Christina Aguilera, Da Brat, Eve, Method Man & Redman. Elle est également le boss de son propre label, Gold Mind Records.
Aujourd’hui, avec Fanomenal, elle veut rendre hommage à ceux qui ont toujours cru en elle : ses fans. Fini le hip hop dark de « She’s A Bitch », ici, tous les titres sont ultra-dansants, de « Shing A Ling » à « Shake Your Pom-Pom » (déjà présents sur la bande originale du film Step Up 2 The Streets) en passant par le plus R&B « I Like It When U Play The Music », les supers sexys « All For You » et « Milk & Cookies » ou les basses saturées de « Best Best ». Missy a décidé de faire la fête et de mettre quelques touches de crunk dans son hip hop. Et ça lui va bien !
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