La Fouine
Le rappeur à la petite barbichette s’est imposé depuis peu comme une référence du rap français. Pourtant, rien n’était gagné. Un look trop ricain, une musique trop bling bling, un flow trop chanté… Et pourtant, déjà 130 000 exemplaires vendus de ses deux albums. Retour sur un succès pas du tout annoncé !
Laouni Mouhid alias La Fouine est né le 25 décembre 1981 à Trappes dans les Yvelines. D’origine marocaine, il grandit dans une famille de huit enfants où la musique tient une place importante. Il prend donc rapidement des cours de solfège. Il puise alors son inspiration dans divers styles musicaux tels que le rap mais aussi la variété française et la musique classique. Rappeur précoce, il arrête ses études à 15 ans pour se consacrer à son art musical. Dès 1997, il sort ses premiers maxis de rap. Mais c’est en 2003 qu’il commence à se « professionnaliser ». Il décroche un contrat chez Sony. L’année suivante, il sort son premier album, Bourré Au Son, qui ne le satisfait pas vraiment : « Avec du recul, je pense que ce n’était pas vraiment ce que j’aurais dû sortir dès le début. C’est un très bon album technique mais ça manquait clairement de fond. Je voulais trop montrer que j’étais un bon rappeur, que j’avais un super flow, que la technique ne me faisait pas peur. Et, du coup, j’ai un peu délaissé le côté intime et sentimental. Attention, c’est un bon album pour moi ! Mais il n’était pas « suffisant ». A l’époque où je l’ai fait, la seule chose dont j’avais envie, c’était de « prouver ». Je voulais que les connaisseurs se disent « ouah, il déchire au niveau de la technique, lui ! » Et j’ai complètement oublié le public, ce qui est vraiment un tort ! ».
Aller-Retour, la consécration
Le succès est pourtant au rendez-vous puisque Bourré Au Son se vend à 55 000 exemplaires. La Fouine est alors adoré presque autant qu’il est détesté et pour les mêmes raisons : des gimmicks entêtants, un talent d’ambianceur, une dégaine tape à l’œil, des singles super efficaces. Et un son West Coast qu’il n’assume pas toujours : « au début de ma carrière, on disait tout le temps que j’étais le Snoop Dogg français. Alors que je ne suis pas forcément ultra fan. Je préfère Jay-Z, Nas ou Mobb Deep. En plus, j’ai beaucoup de morceaux conscients et réfléchis, ce qui n’existe pas vraiment dans la West Coast. » En mars 2007, il sort son second album intitulé Aller-Retour. Le premier single, “Reste En Chien” avec Booba, est un beau succès, comme le second, “Qui Peut Me Stopper”. Le rappeur accentue encore ses différences et n’hésite plus à chantonner. Tant pis pour le qu’en-dira-t-on. « J’aime la mélodie du flow et j’ai toujours joué avec. Mais je sais que je représente ce que certains fans de rap détestent en France. Dans notre pays, certains voudraient que tout le rap soit comme celui de La Rumeur : plat, sans sentiment, politisé et sans style. Raté, moi je déteste mettre une barrière à ma musique. Pas plus qu’à mon aspect. Et au final je suis content parce qu’avec Aller-Retour, j’ai au moins gagné une bataille ! »
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