Le Retour de la Panthère
Après les succès des Don’t Panik Tapes et de la deuxième session de la tournée Don’t Panik Tour, Médine revient à la rentrée avec la sortie de son troisième album, Arabian Panthers. Le rappeur havrais nous dévoile en exclusivité quelques infos sur son nouvel opus.
La Panthère blanche est de retour… Après ses deux précédents albums, 11 septembre et Djihad, le rappeur du label Dîn Records revient le 9 septembre avec Arabian Panthers. Un jour symbolique et important aux yeux de Médine, car elle correspond à la date de l’assassinat du commandant Massoud. Une manière pour le havrais de rendre hommage à ce résistant afghan. « Massoud est un personnage énorme mais qui a malheureusement très peu été médiatisé. C’est un véritable symbole de résistance et de lutte spirituelle. C’est un exemple à suivre et si j’ai souhaité sortir mon album ce jour-là, c’est aussi pour pousser les gens à aller se renseigner plus sur lui », nous confie-t-il. L’image du Lion du Panshir (surnom de Massoud) colle parfaitement à l’état d’esprit « Panthers » que Médine a voulu insuffler à ce disque.
Car en intitulant son album Arabian Panthers, le rappeur a voulu faire une référence directe au mouvement afro-américain. Il souhaite redorer le blason de ce groupe assez mal connus par les occidentaux. « On a souvent tendance à assimiler les Black Panthers à un groupe armé et violent de noirs en blouson alors qu’en vérité ils avaient des programmes de nutritions ou encore d’aide aux personnes âgées très précis. Je voulais donc rétablir la vérité mais aussi faire sur cet album le parallèle entre la situation des afro-américains à l’époque et celles des afro-européens aujourd’hui. Quant au « Arabian », c’est simplement pour me définir, je suis la Panthère Arabe. Je parle au nom de ma communauté pour l’ensemble des communautés. » Car il ne faudrait surtout pas se méprendre, Médine n’est pas dans une logique communautariste. Son album, n’est pas destiné qu’aux arabo-musulmans. Il a une portée plus universelle. C’est dans ce souci de fédérer un maximum de gens qu’il a aussi tenté de rendre plus accessible son message en vulgarisant l’intellect de ses textes mais aussi en variant sa façon de rapper. « On a souvent critiqué mon flow trop binaire. Mais il faut savoir que quand on fait du rap conscient on a beaucoup de choses à dire et par conséquent ça remplit les mesures. J’ai donc tenté d’aérer un maximum et de jouer sur la musicalité afin d’apporter un certain confort d’écoute pour pas que les gens reçoivent un pavé en plein ventre à l’écoute de mon album. Je souhaite dévoiler une autre facette de ma personnalité, parce que dans la vie je ne suis pas toujours énervé, parfois je pleure, parfois je rigole… »
Sur ce nouvel opus, Médine traite aussi bien de thèmes historiques que des faits d’actualité. On peut tout aussi retrouver un morceau sur les conditions inhumaines dans la prison de Guantanamo, qu’un autre sur la montée de l’islmaphobie dans le monde ainsi qu’un titre sur la traite négrière des esclaves noirs. À côté de cela, il y a aussi des titres plus légers à l’instar de « Code Barbe », où le rappeur tourne un peu en dérision sa barbe. Côté featuring, il n’y en a aucun à prévoir si ce n’est les familiaux de Dîn Records. La panthère a affûté ses canines pour donner le meilleur à la jungle…
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