Doit-on dissocier l’homme de l’artiste ?
C’est à l’automne que Doc Gynéco prévoit son retour en bacs. Après avoir alimenté la polémique sur un terrain extramusical, l’heure est venue de retourner au charbon.
Consultations difficiles
Cela fait quelques albums déjà que Doc Gynéco n’a pas connu de gros succès. Après avoir réussi à plaire à près d’un million d’auditeurs avec Première Consultation, le Doc ne réussira pas à rééditer l’exploit. Ce n’est pas faute de disques, puisqu’il en sorti depuis Quality Street, Le Doc enregistre au quartier… Mais ces galettes n’ont pas accroché le public divers et varié que le rappeur avait séduit auparavant. Aux yeux du grand public, ils sont sortis dans l’anonymat et à ceux du public rap, bien souvent dans l’indifférence. Et c’est bien là le problème : nul ne sait réellement comment considérer le Doc. À l’époque, il disait « Classez-moi dans la varièt’ », mais après tant d’années, ce conseil ne peut pas se calquer à son évolution artistique. Aujourd’hui, après avoir essuyé des coups de toute part, Doc Gynéco revient à la charge avec Peace Maker, un nouveau disque pour celui qui semble être un nouvel homme.
En musique
En effet, si Doc Gynéco s’est fait connaître par des rimes salaces, une certaine impertinence et un esprit je-m’en-foutiste, il semblerait depuis quelques temps qu’il prenne davantage les choses au sérieux. Peace Maker ne ressemble pas aux autres disques du Doc, c’est un fait. Entièrement produit par Da Cream, le collectif de Mosey, fils de Nicolas Sarkozy, le disque possède une réelle homogénéité et sonne plutôt bien. Nous passerons sur le fait qu’il s’agisse du fils du Président car ce qui nous intéresse ici est plutôt l’empreinte sonore dudit album. Avec Da Cream, le Doc est revenu à une certaine base du rap, faisant la part belle aux samples et reprenant par la même occasion quelques grands standards. L’ensemble sonne plutôt bien, les mélodies coulent toutes seules et confèrent au disque une certaine âme, puisée dans la soul ou la funk.
Le discours
Mais là où l’on attend le Doc, c’est au niveau du discours. Qui ne se pose pas de question quant au contenu de Peace Maker ? Dans Le Parisien, l’artiste affirmait vouloir donner une mesure sociale à son disque tout en prônant quelques bonnes valeurs. Soit, c’est en effet le cas, du moins dans la volonté. Car derrière les conseils avisés du rappeur, on ne peut s’empêcher d’entendre l’écho de ses dernières déclarations médiatiques sur les jeunes ou les banlieues prises comme des provocations par beaucoup. Alors si vous n’êtes pas d’accord avec le Doc, il vous sera difficile de l’écouter de façon neutre, ce qui soulève un débat : doit-on dissocier l’homme de l’artiste ? Parce que dans la forme, ce disque est bien supérieur aux dernières livraisons. Doc Gynéco retrouve même un peu de punch dans son flow, ce qui rend l’ensemble bien plus dynamique. Question featurings, on a reconnu Philémon et Johnny Hallyday. L’avenir nous dira si Doc Gynéco fera bel et bien un retour marquant dans le rap français.
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